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Sénégal

Pays Bassari

Sud du Sénégal

par Paul Soto, Philippe Marais - publié le , mis à jour le

Texte : Philippe Marais et Paul Soto
Photos : Paul Soto

La communauté Bassari, très attachée à ses traditions communautaires toujours très vivantes et soucieuse d’inciter ses jeunes à rester sur leur territoire, mène actuellement, toutes générations confondues, une réflexion de fond sur l’introduction dans le pays d’un tourisme « différent », qui s’inscrirait dans une économie plus équitable et permettrait d’améliorer ses conditions de vie, notamment celle des enfants, sans pour autant la déposséder du gibier et de ses terres. Les relations de longue date que les Bassari entretiennent avec un ethno-juriste français et Paul Soto ont facilité la concertation préalable à l’élaboration de cette offre touristique.

Les Bassari espèrent ainsi pouvoir limiter les impacts d’un tourisme « de masse », que l’arrivée de la route peut laisser craindre. Ils souhaitent par ailleurs introduire un tourisme durable en pays Bassari, capable de générer des bénéfices qu’ils gèreront selon un principe égalitaire propre à leur culture, financer un programme de prévention du paludisme et mettre en place un programme de formation des « guides » Bassari.
Les acteurs de cette initiative entendent enfin relever le défi d’une aventure privée qui ne bénéficie d’aucun soutien particulier à ce jour.

Localisation
Les villages Bassari de la communauté rurale de Salémata sont situés dans la partie sénégalaise du pays Bassari qui s’étend du Sénégal à la Guinée-Conakri, dans la partie sud-est du Sénégal, à environ 900 km de Dakar.

Contact


SAÏGA
4 rue Fleuriau
BP 1291 17086 La Rochelle cedex 2
Tél. : 33 5 46 41 34 42
Fax : 33 5 46 41 34 92
Courriel : mainate@saiga-voyage-nature.fr
Internet :www.saiga-voyage-nature.fr

Informations culturelles
Le pays Bassari est le dernier refuge d’un groupe ethnique unique au monde appelé Beliyan ou Bassari en français.

Il se déploie à la périphérie sud du Parc National du Niokolo-Koba, dans une région du monde classée par l’UNESCO « Réserve mondiale de la biosphère ». Leur histoire mouvementée et leur capacité à changer d’art de vivre et d’économie pour ne pas mourir ont valu aux Bassari le surnom de « fils du Caméléon ». Le premier peuplement de la région remonterait au début du XIIIe siècle. Cette région semble avoir constitué une aire refuge pour les populations fuyant l’armée Malinké lors de la fondation du royaume mandingue du Gabou, en Haute et Moyenne Casamance. Par la suite, au XVe siècle, une nouvelle vague de migrants auraient rejoint l’actuel pays Bassari pour échapper à l’armée Peuhle qui envahissait à son tour le Cantor, et à l’empire peul islamique du Fouta Djallon, alors en pleine expansion. A la fin du XIXe siècle, le territoire Bassari a été de nouveau envahi par une troupe armée de Peuhl. Les Bassari tentèrent de se cacher dans des abris sous roches ou de migrer, ils ne revinrent dans la région qu’une fois la paix établie.

Du début du XXe siècle jusque dans les années 1930 et 1940, les trois-quarts des villages actuels se sont progressivement implantés dans cette région. Une seconde phase d’installation correspond aux années 1950 à 1970 et concerne dix villages, les autres étant de fondation récente. Sur les quarante-trois villages de la communauté rurale de Salémata, une vingtaine sont majoritairement Bassari. Si les Bassari étaient les premiers occupants des lieux, ils se retrouvent aujourd’hui numériquement inférieurs aux Peuhl (42% seulement, contre 49% de Peuhl et 9 % de Diahanké, Malinké, Sarankolé, Coniagui). La culture Bassari rassemble des visions du monde très hétéroclites, mélange entre un islam majoritaire (57% de la population) et une religion traditionnelle imprégnée de sacralité.

Les Bassari pratiquaient autrefois la chasse, la cueillette, le jardinage de tubercules et la culture du mil pour la bière. Ce n’est qu’à partir des années 1930 qu’ils sont devenus de véritables agriculteurs à mesure que le pays Bassari s’ouvrait sur l’extérieur et que la population s’accroissait. L’agriculture constitue l’activité principale revendiquée par plus de 90% des chefs d’unité d’exploitation de la communauté rurale de Salémata. La société Bassari s’active dans un bourdonnement d’essaim, la saison des moissons faisant ployer les habitants sous les corvées, le jour, et danser la nuit, sous les masques.

Un séjour recommandé
Titre : « La saison des moissons chez les Bassari », un voyage ethnologique et naturaliste en pays Bassari
Durée : 14 jours Dakar/Dakar
Prix : 1 480 euros par personne sur une base de 11 personnes
Inclus : La présence d’un guide naturaliste SAÏGA, l’hébergement en pension complète du dîner du jour 1 au petit-déjeuner du jour 14 (repas pris dans des restaurants locaux et chez nos hôtes dans les « carrés » selon les us et coutumes), tous les transferts terrestres, toutes les activités, visites et entrées mentionnées dans le programme, le « carnet de voyage et d’observation », toutes les taxes et services, les assurances-assistance-rapatriement-frais médicaux (souscrites pour votre sécurité)
Activités : Il s’agit d’un voyage au cœur de la vie d’une ethnie dans l’effervescence et l’énergie joyeuses qui caractérisent ce peuple. En fonction de la période et de la capacité du groupe à être accepté et apprécié, il sera possible de participer à telle ou telle ou telle corvée : moisson, battage, tamisage de la farine, tri, transport, préparation de la bière, récolte des feuilles de baobab, préparation de la cuisine, forge.
Dates : du dimanche 27 novembre au samedi 10 décembre 2005 (programme reconduit début 2006 ainsi qu’un nouveau programme prévu pour mai 2006)
Saisons : uniquement hors saison des pluies qui dure de fin mai à fin octobre
Hébergement : en pays Bassari, dans des cases (murs de pierres ou de pisé et toit en paille de brousse). Pour les autres nuits en campement autonome : petites tentes personnelles pour la nuit. A Dakar, hôtel.
Taille des groupes : 11 au maximum

L’organisme de soutien
Tendre vers un tourisme plus responsable et solidaire : voilà ce à quoi SAÏGA s’est engagée depuis sa fondation, en 1996. Dans les faits, cela se traduit par un souci constant de préserver l’environnement visité, d’impliquer les populations locales et de garantir l’équité des échanges économiques. SAÏGA a été citée en 2002 par l’Organisation Mondiale du Tourisme comme opérateur touristique réellement engagé dans des actions de développement durable.

Notre engagement
http://www.saiga-voyage-nature.fr/engagement.php

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