Texte : Anne Vigna, EchoWay et photos : CIPO-
Voici un tourisme que l’on pourrait presque qualifier de « politique » ou « militant ». Le CIPO-RFM (Consejo Indigena Popular de Oaxaca-Ricardo Flores) est une organisation indigène qui défend les droits d’une vingtaine de communautés dans l’État de Oaxaca. Proche de l’idéal politique des zapatistes du Chiapas, le CIPO défend l’autonomie politique et sociale des villages et s’inspire des idées de l’anarchiste indien, Ricardo Flores Magon, lui aussi originaire de Oaxaca. Ses dirigeants ont été plusieurs fois emprisonnés, treize fois pour Raul Gatica, et subissent régulièrement des tortures et menaces de mort.
À Oaxaca, les persécutions contre les organisations indigènes qui défendent leurs terres et leurs forêts contre d’autres intérêts sont courantes. Par contre, le CIPO est davantage soutenu sur le plan international et ces échanges, avec l’Europe et la France en particulier, ont incité ses organisateurs à s’orienter vers le tourisme.
Depuis 2003, un programme de tourisme solidaire a été mis sur pied dans les vingt-deux communautés de son réseau. La présence d’étrangers faisait disparaître comme par miracle la menace des paramilitaires. « Quand des étrangers viennent visiter nos communautés, on ne craint rien, il y a des yeux pour voir », expliquent les responsables. « Le principe est de ne pas créer deux mondes différents, les touristes dans leurs cabanes et les habitants dans leurs maisons », précise Raul Gatica. Concrètement, les touristes vivent, mangent et travaillent avec leurs hôtes. On leur propose par exemple de semer le maïs, d’apprendre à faire les tortillas, de récolter le café…
Les communautés affiliées au CIPO sont disséminées dans tout l’État de Oaxaca et vous pouvez vous arranger avec eux pour en visiter plusieurs. Ils organisent des circuits de plusieurs jours pour visiter une région et vous accompagnent pendant les trajets. Attention ! Le confort est rudimentaire, vous êtes chez les communautés les plus pauvres du Mexique. Nous vous conseillons les communautés rurales plutôt que les groupes CIPO, en ville, comme à Huatulco par exemple où les problèmes sont encore plus nombreux et les conditions d’accueil difficiles.
Localisation
Appelez le CIPO depuis Oaxaca pour organiser votre séjour. Un guide vous conduira dans les communautés. Attention ! Vous ne pouvez pas arriver seul. C’est dangereux et il faut respecter leur mode d’organisation.
Contact
Casa Del CIPO-RFM
Emilio Carranza No. 210. Santa Lucía del Camino, Oaxaca, Oax. México.
C.P. 71228
Tél. : Fax : + (951) 51-78183 y 51-78190
Courriel : cipo@nodo50.org , ciporfm@yahoo.com.mx
Internet : www.nodo50.org/cipo/_ Langue : espagnol et anglais
Séjour recommandé
Prix : A partir de 200 pesos par jour répartis ainsi : 70 pesos pour la famille d’accueil
60 pesos pour les guides, 70 pesos pour les projets de développement du CIPO
Taille des groupes : maximum 10 personnes.
Hébergement : À Oaxaca même, la casa del CIPO (la maison du CIPO) aura bientôt un dortoir pour les jeunes voyageurs et les jeunes des communautés qui viennent étudier à l’université mais n’ont pas les moyens de louer une chambre. N’hésitez pas à passer les voir, pour discuter avec eux ou acheter leur artisanat qui y est en vente.
Recommandations : en montagne, emportez de bonnes chaussures et des habits chauds quelle que soit la saison : il peut faire très froid.
L’organisme de soutien
EchoWay est une association loi 1901 qui promeut un tourisme solidaire et écologique, accessible aux voyageurs partants seuls. EchoWay met en valeur sur son site internet (www.echoway.org) les projets du tourisme communautaire ou privés dans le monde entier afin que tout voyageur puisse pratiquer un tourisme responsable même sans l’appui d’une agence spécialisée. L’association propose aussi des techniques et produits écologiques pour voyager propre et informe les voyageurs des dégâts écologiques et sociaux entraînés par le tourisme.


