Textes et photos : Kyra Cruz
La Maison des femmes, “Stibrawba” en langue Bribi, est une auberge de Tourisme Rural communautaire située en territoire indigène Bribi, en Basse Talamanca, à Yorkin, où l’on peut se rendre uniquement en traversant le paradis tropical de la Rivière Yorkin en canoé indigène, conduite par des guides expérimentés de la communauté.
Mais plus qu’une auberge, la Maison des Femmes est une association indigène gérée par de courageuses femmes de la Communauté du Yorkin, où vivent près de 60 familles de l’ethnie Bribi du Costa Rica.
En 1985, les Femmes du Yorkin se sont regroupées pour créer Stibrawpa. Elles ont mis en place un projet de tourisme afin de compléter leurs revenus agricoles, basés principalement sur la culture du riz, de la yuca, du ñampi, et des haricots pour leur propre consommation. Elles vendent aussi des bananes et du cacao biologique. Aujourd’hui elles continuent à cultiver la terre, mais le tourisme représente un revenu supplémentaire non négligeable, qui leur permet de scolariser leurs enfants.
Rien que le voyage pour se rendre à la Maison des Femmes est toute une aventure. A Bambu, à 45 minutes de Puerto Viejo, la principale destination touristique de la Caraïbe Sud du Costa Rica, nous sommes attendus par Bernarda, leader du groupe et une des guides de l’Association. Tout au long du voyage en canoé sur la rivière Yorkin, ils nous expliquent le monde des indigènes de Talamanca ; pendant ce temps là, les deux hommes de Yorkin conduisent le canoé à travers les rapides.
Nous parcourons la rivière, bordée d’une végétation tropicale peu courante au Costa Rica. Avant d’arriver au village, nous visitons l’école de la Communauté où nous sommes accueillis par des enfants chantant en Bribi et qui nous apprennent quelques phrases dans leur langue.
Les femmes de Yorkin ont décidé de programmer la visite à l’école, car elles ont remarqué que les enfants sont fiers d’apprendre la langue Bribi, depuis que les visiteurs leurs disent qu’ils aiment l’apprendre..
Par la suite, en compagnie de nos guides, nous avons parcouru les plantations de bananes biologiques et de cacao, pendant qu’ils nous décrivaient le monde indigène, les coutumes de leur peuple et les délices du cacao. Nous avons appris la mythologie du cacao, lequel est sacré pour les Bribis, nous avons gouté ses délicieux fruits et appris à faire du chocolat.
Ce parcours dure à peu près une heure, avant d’arriver à la Maison des Femmes, où nous attend un délicieux repas préparé à base de plats indigènes.
Ceci n’est qu’un aperçu des multiples aventures dans cette communauté. Peu à peu nous découvrirons des chutes d’eau, des sentiers dans la forêt, et ce qu’il y a de plus intéressant, les modes de vie de la Communauté Bribi, prouvant à chaque visiteur qu’il existe une forme diférente pour vivre en paix avec la Nature.
Localisation
En voiture : route San José/Limón/Bribi/Bambú. Une fois arrivé à Bambú, prendre le bateau à moteur jusqu’à Yorkín après réservation préalable auprès de l’association.
En autobus : prendre la ligne directe jusqu’à Bribi (ligne « Mepe » San José/Sixoala). Le voyage dure quatre heures et demie.
Contact
Kyra Cruz Meyer
P.O. Box 719-1260
Tél : (506)362-9188
Fax : (506)228-5695
Courriel : actuar@racsa.co.cr
Internet : www.actuarcostarica.com
Langues : anglais, espagnol, allemande
Autre contact : redtalamanca@corredortalamanca.org , CONSERVacations, beatrice@keytocostarica.com
Informations culturelles
Les Bribis s’organisent en clans matrilinéaires (matriarcaux ?). Un clan est un groupe de parents liés par des ascendants paternels ou maternels. Un membre du clan ne peut se marier à l’intérieur de son clan ni dans le clan de l’autre moitié de sa parenté. La consanguinité par la lignée féminine constitue la base de la parenté et détermine que la succession du cacique ne revienne pas au fils mais au neveu, fils d’une de ses sœurs. Le cacique n’est pas concerné par les questions de production ou d’économie et il n’existe pas d’institutions politiques qui institutionnalisent le pouvoir. Le cacique représente plutôt une force qui donne de la cohérence au groupe et incarne les obligations des lois de la parenté, au service de la communauté.
Les anciens sont respectés. Les grands-mères ont un rôle très important dans la transmission des coutumes, des traditions et des histoires. Dans la culture Bribi, la femme dispose de liberté d’autorité dans les affaires privées. S’il y a séparation, c’est elle qui décide de la garde des enfants. Elles cultivent leurs propres terres et tout ce qui y est produit leur appartient.
Les communautés indigènes sont soumises à des restrictions économiques importantes. La vente du bois par exemple n’est pas autorisée dans les territoires autochtones. Pour ces raisons, le tourisme peut être une option pour un développement durable à condition toutefois qu’il respecte les droits culturels et d’autogestion des communautés concernées, ce que fait « La Casa de las Mujeres ».
Yorkín est une bourgade située dans le territoire des Bribi de Talamanque. On y accède par canoë en empruntant la spectaculaire rivière Yorkin. C’est l’un des meilleurs endroits du Costa Rica pour entrer en contact avec le people Bribi.
Organisme de soutien
En 1985, les femmes de Yorkin se sont regroupées pour fonder « Stibrawpa » avec pour ambition de diversifier leurs moyens de production, et principalement l’agriculture. Aujourd’hui, elles continuent à produire du riz, de la cassave, du nampi et des haricots pour leur propre consommation mais elles vendent aussi des bananes et du cacao. Le tourisme leur fournit d’importants revenus supplémentaires qui leur permettent notamment d’envoyer leurs enfants à l’école. Chaque famille est propriétaire de son propre lopin de forêt tropicale qu’elle aime à faire partager aux visiteurs. Quinze familles bénéficient de ce programme.


